13.12.2012

29-Les mots et expressions de chez nous.

29-CABUSSER

Une peau de banane par terre, un copain qui vous fait un croche-pied, un obstacle imprévu au sol, un trottoir que vous n’avez pas vu, votre pied droit qui se met en travers de votre pied gauche… et voilà, vous vous prenez un cabus !

Se prendre ou piquer un cabus, c’est plonger, se « casser la gueule ». Ici à Narbonne-Plage vous l’entendez surtout l’été quand il fait très chaud : « je vais piquer un cabus à la mer pour me rafraîchir avant de passer à table ». (Je vais plonger pour me rafraîchir…)

D’où le verbe cabusser (de l’occitan « cabussar ») qui signifie plonger la tête la première. A la piscine vous pourrez autant piquer une tête dans l’eau qu’un cabus sur le relax tout proche, car après le repas frugal, une bonne sieste sous le mûrier (avec la tête qui tombe seule)  rien de mieux pour attendre l’heure de la pétanque.

11.12.2012

28-Les mots et expressions de chez nous.

28-S’ACHOULER

C’est le propre du bébé. Pourquoi ? Quand on apprend à marcher, on tombe, et le bébé tombe souvent sur ses fesses. Il « s’achoule » !

Mais, d’une façon plus générale, tout le monde peut « s’achouler » ! Tenez, l’autre jour, je suis allé cueillir des cèpes au col du Cabarétou, j’en ai aperçu un magnifique dans un « bartas » (buisson épineux, type chêne kermès), en voulant le saisir je me suis « achoulé ». Difficile de me relever, les mains pleines d’épines !

Ou bien, un autre sens, l’autre soir en assistant au tirage du Loto, il ne me manquait qu’un numéro, je me suis « achoulé » sur le fauteuil !

Donc, « s’achouler », c’est un peu tomber à la renverse, rester sur le c…, être très surpris

09.12.2012

27-Les mots et expressions de chez nous.

27-ARPATEJER

C’est le propre du bricoleur qui ferait mieux de ne pas prendre son tournevis ou son marteau !

Une pointe enfoncée de travers, une vis qui « foire » (tourne dans le vide), un tableau mal  fixé ! C’est le bricoleur qui « arpatèje ».

Une panne bénigne, une roue réparée en trois heures, c’est le mécanicien qui « arpatèje », cet élève « arpatèje » pour son exercice de math, cet animateur « arpatèje » dans l’animation de son spectacle, ...

De l’occitan « arpatejar », le verbe s’emploie pour une personne qui agit maladroitement. Souvent, le  « gafet » (l’apprenti) « arpatèje ».

07.12.2012

26-Les mots et expressions de chez nous

Aujourd'hui:  BOUGNETTE
Ah, sacrée expression que cette bougnette qui colle à la chemise comme la langue au palais ! Le mot vient de l’occitan « bonha » ou « bonhetos » qui se traduit tout simplement par beignet frit.
Par extension, il s’agit de taches que l’on se fait en mangeant. A Narbonne, quand on mange la bourride d’anguilles sans serviette (ou le « serviettou »(la petite serviette) qu’on met au bébé, vous savez, le bavoir !) on a toutes les chances de se faire des bougnettes. Et alors, si vous portez une cravate, vous pouvez être sûr que la bougnette tombera en plein milieu !
Expression largement répandue sur « Les Barques » où on n’hésite pas à affubler certaines personnes qui se laissent aller du sobriquet de « M.Bougnette » et la remarque qui va avec : « Tiens, regarde, celui-là a mangé des « coustellous » (côtes de porc décharnées cuites le plus souvent sur la braise), il s’en est foutu partout. Quel goulamas(personne mal élevée) ! »

05.12.2012

25-Les mots et expressions de chez nous

25-LA  CAGAGNE

« Faut pas manger des raisins  quand ils sont verts, ça donne la cagagne ! ».

La « cagagne », c’est la diarrhée, la « caguère », « la coulante », la « gastro », ou la « tourista » pour les vacanciers. Le terme vient de « caganha » » qui veut dire « aller à la selle » en occitan.

Elle peut s’attraper quand on mange trop de fruits, quand on a mangé un aliment qui ne vous convient pas, ou un coup de froid après un bon repas, …Bref, avant les fêtes de fin d’année vous êtes avertis.

Par extension, « avoir la cagagne » c’est avoir peur ! « Quel cagaïre ! » dira-t-on à propos de celui ou celle qui a peur de prendre ses responsabilités. On dit aussi qu’avant un match important les sportifs peuvent avoir la « cagagne » parce qu’ils sont saisis par le trac, ils se « c … » dessus.

Et quand on vous dit : « tu me fais caguer », il faut comprendre « tu m’embêtes » pour rester élégant.

22.11.2012

18-Les mots et expressions de chez nous.

Aujourd’hui :    CASQUETAÏRE

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que le « casquetaïre » est celui qui visse habituellement sa casquette sur sa tête. Attention, pas ces jeunes gens qui dorment avec leur couvre-chef ou qui mettent la casquette dès le lever !

Non ! Affectueusement, un « casquetaïre » est une personne d’un certain âge qui bien sûr porte une casquette. Et qui, sous sa casquette ne manque pas de tenir des raisonnements.

Où trouve-t-on ces personnages ? Partout dans nos villages, à l’ombre des platanes, sur la place centrale ou assis au « cagnard » du coin. Ils sont généralement plusieurs à se retrouver, parlant de la pluie et du beau temps, évoquant les derniers potins du coin, voire démontrant de plus belles aptitudes à la pétanque. A Narbonne-Plage, nous en connaissons quelques uns faisant causette les jours de beau temps automnal ou printanier sur les marches des « Terrasses  de la mer». Ils sont heureux. Nous avions fait un papier il y a quelques années où nous les appelions, par un terme voisin : « les roumégaïres ».

A Narbonne, la promenade des Barques est l’endroit préféré des « casquetaïres », et quand les travaux de réaménagement seront terminés  ils vont être encore plus nombreux à refaire le Monde mais surtout à aider l’entraîneur narbonnais du Racing à faire la meilleure équipe possible pour leur équipe fanion!!

18.11.2012

16-Les mots et expressions de chez nous

Aujourd’hui :   LA  CAGNE

Voilà un mal bien de  notre temps.

Pourquoi faire plus quand on peut faire moins ? Et combien de fois dans la journée ne pourrait-on faire cette remarque à propos de la négligence élevée au rang de valeur et de la lenteur instituée?

L’écolier aura la cagne de terminer son devoir de mathématiques; la ménagère aura la cagne de nettoyer les vitres; cloué au lit, le malade aura la cagne d’aller chercher ses médicaments,…

Avoir la « cagne » (de l’occitan « canha »), c’est avoir un manque d’entrain, de volonté, être paresseux, indolent, pas trop vite le matin, doucement l’après-midi,

A NOTER : il n’y a aucun point commun avec le « cagnard » (occitan « canhard », coin ensoleillé) (vu antérieurement), ni avec le « cagnot »( jeune chien un peu fou), bien que le sens moins courant de la sieste méridienne (« faire le cagnot ») soit également donné à ce terme, mais il est  plus souvent utilisé pour les jeunes enfants qui vont faire « cagnotte » avec la maman ou le papa pour débuter  la sieste.