29.12.2012

36-Les mots et expressions de chez nous

36-Confection d’une BOUFANELLE

Nous avons parlé récemment de « Boufanelle, souquet, sarments », mais savez-vous comment est confectionné une « boufanelle » ?

D’abord, il faut remarquer que le tailleur de sarments fait tomber les sarments coupés toujours dans la même rangée. Celui ou celle qui confectionne la « boufanelle », ce fagot de sarments, n’a pas à chercher les sarments.

Ces fagots sont confectionnés par cinq poignées toutes bien ficelées et liées ensemble. C’est par économie de bois que le vigneron, et souvent sa femme, confectionnaient   ces »boufanelles ». Deux poignées, une boucle et quelques « souquets », il y en avait assez pour faire cuire le « toupin » au coin du feu.

Enfin la « boufanelle » avait un « chignon » en son extrémité afin que les sarments ne s’éparpillent pas.

 

25.12.2012

35-Les mots et expressions de chez nous

35- BOUFANELLES, sarments et souquets

Une fois n’est pas coutume, voici des mots typiquement locaux, issus de la viticulture et qui plus est, sont en ce moment d’actualité puisque dans les vignes, les travaux de taille sont largement entamés.

Mais alors qu’avant, pendant que le vigneron taillait, bien souvent, son épouse façonnait de ses mains les  « boufanelles », fagots de sarments utilisés soit dans l’âtre de la cheminée pour lancer le feu, soit dans le barbe-cul pour faire les grillades parfumées  au thym et romarin de chez nous, bien sûr !

Et ce mot est indissociable de son compagnon : « les souquets », ces gros rejetons situés sur les ceps et devenus inutiles et que le vigneron taille pour donner de la force au pied.

Les deux mots : « boufanelle » et « souquets »  sont très utilisés, mais malheureusement plus personne ou si peu, n’en façonne, et je ne vous dis pas le prix chez les rares  distributeurs locaux ! Il ne reste qu’à aller les ramasser et à confectionner les « boufanelles » pour les grillades de l’été.

Pour la confection précise des «boufanelles » nous y reviendrons dans un prochain papier.

Mais, à Narbonne-Plage et sur le littoral, quand les routes côtières n’existaient pas, les autos de l’époque empruntaient les pistes de sable fin et certaines fois l’enlisement était inévitable ! Nous, nous le savions, mais combien de « parisiens » (appellation moqueuse de toute personne habitant au-dessus de Avignon) se sont faits prendre au piège. L’indigène averti avait toujours dans ces cas-là, une « boufanelle » dans la malle de sa voiture et se faisait un doux plaisir de montrer son ingéniosité en glissant une « boufanelle » sous les roues motrices afin que la voiture redémarre.  

Autre utilisation : quand on fait sécher au frigo, un jambon, afin qu’il s’égoutte sans tremper dans son jus on utilise des sarments comme support, évidemment non traités pour poser sous la viande. De même pour le magret de canard que l’on fait sécher salé et poivré, on glisse deux ou trois sarments sous la viande, le gras restant dessus, afin que l’air puisse bien circuler et sécher naturellement l’ingrédient de vos futures salades.

20.12.2012

34-Les mots et expressions de chez nous

34-BOULEGUER

« Allez, boulègue, boulègue ! » peut-on entendre les soirs de loto dans la salle des fêtes de nos villages où les joueurs espèrent faire quine ou carton plein pour remporter le panier garni ou le gros lot !

« Boulègue » signifie mélanger et donc, il faut que celui qui tire les numéros du sac ou de la boule, mélange bien les pions contenus dans sa sacoche. L’exclamation est le plus souvent prononcée par un joueur malchanceux ou impatient qui n’arrive pas à aligner une (ou un) quine (série de cinq numéros rangés sur une même ligne horizontale d’un carton)

Le mot vient de l’occitan « bolegar » qui veut dire remuer.

Et cette expression se décline même sur l’eau ; et quand les bateaux rentrent au port, les vacanciers sur les quais peuvent entendre Jean-Noël s’exclamer : « Avec le Cers d’aujourd’hui, ça boulègue drôlement! ». En français courant, « La mer était très agitée ».

19.12.2012

33-les mots et expressions de chez nous

33-CEBE


Les amateurs d’oignon ne seront pas dépaysés avec ce nom issu de l’occitan et très répandu dans la région. Si dans l’Hérault, à Lézignan-la-Cèbe, on fête l’oignon doux; dans l’Aude, chaque année, à Citou, dans la Montagne Noire, on honore en automne, ce succulent  oignon doux qui se conserve six mois de l’année.
La « cèbe » (de l’occitan « ceba ») est donc cette plante potagère de la famille des liliacées, qui fait beaucoup de bien pour l'alimentation quotidienne mais avec des conséquences physiologiques désagréables pour l’entourage. La « cèbe » entre dans de très nombreuses préparations culinaires du Midi.
Notons que comme « manhaguette » avec « manhac » et « mamette » avec « mamé », la « cébe » a son diminutif : la « cébette »(de l’occitan « cebéta ») que l’on traduira plutôt par oignon tendre, que l’on trouve normalement sur les étals dès le printemps avec ses lieutenants les radis pour mieux déguster une bonne salade!

 

17.12.2012

31-Les mots et expressions de chez nous

31-CLOSCAMOL

Dans « closcamol », on entend  « closca » (tête), et « mol » (mou), donc « closcamol », signifie chez nous une tête molle, pas tout à fait finie, qui a encore des choses à apprendre et dont les raisonnements par conséquent ne sont pas adaptés à la situation.

Cela peut signifier aussi, une personne lente, lente dans ses mouvements mais aussi lente dans sa compréhension.

Un autre sens peut exister et souvent entendu par les ramasseurs d’escargots : « celui-là, je le laisse car c’est un closquemol ! » En fait c’est un escargot jeune qui n’a pas sa coquille ourlée et que l’on doit laisser grandir parce que, en plus, dans la « cargolade » la coquille s’effrite et c’est désagréable au palais.  Mais il y a toujours cette idée de ne pas être fini.

 

15.12.2012

30-Les mots et expressions de chez nous

30-CROUSTET.

De bons « croustéts » dans la soupe de poissons, il n’y a rien de mieux pour se régaler ! Le « croustét » ? C’est le croûton (ici grillé et tartiné d’aïoli avec du fromage râpé dessus). De l’occitan « crostet » qui se prononce croustet.

On parlera aussi de casse-croûte à propos du « croustét » : dernièrement je suis allé aux champignons avec Popol et j’ai pris un « croustét » (un sandwich, en général, pas avec du pain frais) au pâté de foies de poulet accompagné d’olives vertes de l ‘année : un régal !

Et quand on parle de « croustét » on garde en mémoire le célèbre film sur la révolte des vignerons « Lou dernier croustét ». Et il me vient  à l’esprit ce que me racontait ma grand-mère Denise : « quand on était gosse, nous autres, à goûter, on mangeait un peu d’ail frotté sur un « croustét » ! Et rien de plus, sauf peut-être, un filet d’huile d’olive par grand froid. »

Par extension, on parlera également de « croustét » pour quelqu’un qui a la tête dure. Mais également de « croustét » (de l’occitan « crostier ») pour la croûte d’une plaie.  

 

  

13.12.2012

29-Les mots et expressions de chez nous.

29-CABUSSER

Une peau de banane par terre, un copain qui vous fait un croche-pied, un obstacle imprévu au sol, un trottoir que vous n’avez pas vu, votre pied droit qui se met en travers de votre pied gauche… et voilà, vous vous prenez un cabus !

Se prendre ou piquer un cabus, c’est plonger, se « casser la gueule ». Ici à Narbonne-Plage vous l’entendez surtout l’été quand il fait très chaud : « je vais piquer un cabus à la mer pour me rafraîchir avant de passer à table ». (Je vais plonger pour me rafraîchir…)

D’où le verbe cabusser (de l’occitan « cabussar ») qui signifie plonger la tête la première. A la piscine vous pourrez autant piquer une tête dans l’eau qu’un cabus sur le relax tout proche, car après le repas frugal, une bonne sieste sous le mûrier (avec la tête qui tombe seule)  rien de mieux pour attendre l’heure de la pétanque.