14.01.2013

47-Les mots et expressions de chez nous

47-EMPAFFE

Ce terme est tiré de « empafar », c'est-à-dire se gorger, s’enfler d’orgueil.

Un « empaffé » est un personnage particulièrement répugnant, qui cumule à lui seul les défauts les plus vils recensés sur la planète.

Il est vaniteux, mesquin, fourbe, traître, il cumule…, et la liste est longue !

Encore un mot que l’on peut « balancer » à la face -ou derrière le dos-  d’une personne dont on n’apprécie pas vraiment la présence, et que l’on ne peut pas « piffrer ».

11.01.2013

44-Les mots et expressions de chez nous

44-CANAILLOU

Qu’il est beau ce petit mot que l’on emploie dans le sens de fripon !

« Ce petit canaillou, il se cache exprès pour me faire chercher » dit cette grand-mère dans le jardin de la place de la Révolution.

De l’occitan « canalhon » (prononcez  canalloun). C’est le traditionnel suffixe diminutif qui, ajouté au mot français, donne une consonance plutôt rigolote.

Tranquille et tranquilou, cagane et cagagnous, ..

On aime bien ici, le « drôle » qui devient « drouillas » : le voyou qui devient  un garnement. 

10.01.2013

43-Les mots et expressions de chez nous

43-CARAQUE

Est-ce en souvenir de ce bateau portugais qui faisait le voyage du Brésil et des Indes Orientales au XVI ème siècle, que le nom est resté ?  Ou parce qu’on dit généralement que ceux qui portent des boucles d’oreille sont des pirates ou des gitans ? Quoique maintenant, ce n’est plus un signe distinctif !

Toujours est-il qu’en plus de désigner le bateau, le mot « caraque » est utilisé dans nos régions pour désigner un gitan.

Et si en parlant d’une tierce personne, on la surnomme « le/la caraque », attention, il/elle veut vous rouler dans la farine !  « Attention, celui-là est un véritable caraque » entend-on sur les marchés. Et là, c’est péjoratif !

07.01.2013

42-Les mots et expressions de chez nous

42-MAUVAISE  LIMONADE, ON EST MAL BARRE

En Languedoc, autant dire que la pluie tombe moins fréquemment que dans le Nord de la France.

Mais quand la pluie, ou les phénomènes cévenols comme disent les météorologistes,  surviennent, ils  provoquent  de grosses, très grosses catastrophes : Cuxac d’Aude, Villedaigne, Lézignan-Corbières, Sommières et ses « vidoulades », etc.

Alors, une « mauvaise limonade » indique, ici, que l’on va avoir très bientôt les pieds dans l’eau.

Par extension, cette locution signifie que l’on se trouve ou que l’on va se retrouver, comme on dit partout,  « dans de beaux draps » ! Cette expression est aussi utilisée quand les affaires tournent mal.

 « Mauvaise limonade, on fera les vendanges dans l’eau », entend-on du côté de la plaine de Coursan quand une grosse  « ramade » (gros orage) vient de tomber! Et tout les vendangeurs savent que c’est très pénible de porter la hotte remplie de trois seaux au moins et de « tirer » à cent souches ou plus!

 

06.01.2013

41-Les mots et expressions de chez nous

41-BRONZINER

A l’écrire, on l’entend déjà chanter ! « Bronziner », ce mot qui se traduit par bourdonner.

De l’occitan  « bronzinar », il est surtout utilisé pour stigmatiser la tondeuse à gazon du voisin qui « brounzine » pendant la sieste, ou du moustique qui vous « brounzine «  dans les oreilles en pleine nuit ! Sans parler de la mobylette du petit voisin qui « brounzine » le dimanche matin ! Vroum, vroum, vroum …! (Remarquez le « V » qui remplace le « B ».)

Ah, ce bruit lancinant qui vous dérange et vous énerve à la fois !

 

 

 

05.01.2013

40-Les mots et expressions de chez nous

40-BANASTE

« Banaste » s’emploie dans beaucoup de situations.

Par exemple, « regarde cette « banaste » en train de faire un créneau ! » La « banasta » en occitan, c’est d’abord un panier large, mais aussi, et le plus souvent un imbécile, un idiot, une personne inexpérimentée. Dans ce cas c’est une personne maladroite.

On dira aussi en regardant un match de basket, « quelle banaste d'avoir raté ce panier! »

La raison de l’association de ces deux significations est un mystère. Sauf qu’il faut peut-être, une grande place ou un grand récipient  pour exécuter l’action.

A moins que du côté de Lunel, les habitant de cette ville, « les Pesca-luna » qui vont pêcher la lune sur l’étang voisin de Mauguio, selon les dires de la tradition, aient résolu l’énigme puisqu’ils partaient  à la pêche avec un grand panier pour attraper la lune !

Bien sûr, « la banaste » se décline en « banastasse », si le dégât mental est plus aggravé ou en « banastou » qui est plus affectueux.

04.01.2013

39-Les mots et expressions de chez nous

39-NE  M’ATISSE  PLUS  OU  JE  T’EN  FOUS  UNE

Voilà une expression si souvent entendue. Avec le verbe « atisser » on touche à l’élixir du « parler narbonnais » et d’ailleurs. Il vient de l’occitan « atissar » : irriter, exciter, prendre en grippe.

Le titre peut se traduire par : « Ne m’excite pas ou je te mets une gifle ! »

Du côté de Cuxac d’Aude, au bal sous le marché couvert, Paul « roumègue » (marmonne) : «  Elle m’a atissé toute la soirée » que l’on peut traduire par « titillé, excité ». Puis, plus rien !

A Narbonne-Plage, du côté du port, à l’apéritif, on peut entendre : « Ah putaing, ces olives sont atissouses ou tissouses » .On comprend aisément que ces amuse-gueules, on ne peut plus s’en passer quand on a commencé à y goûter.

Sur les gradins de Cassayet, à Narbonne, tel supporter  fera un commentaire sur ce troisième ligne accrocheur qui « atisse » le demi de mêlée adverse en lui accrochant le maillot très souvent pendant le déroulement de la mêlée pour l’empêcher de jouer! « Sas, es tissous aquel ! »

A Conques, et ailleurs,  vous qualifierez de « tissous » un ami qui est un véritable pot de colle !

Et bien d’autres exemples encore.