31.01.2013

61-Les mots et expressions de chez nous

61-ESPOUDASSER

Voilà un mot bien de chez nous et qui plus est d’actualité, puisqu’il est relié à la culture de la vigne, et que c’est l’époque « d’espoudasser ».

 « Espoudasser » de l’occitan « espodassar », c’est en effet pré-tailler la vigne. Cette opération se fait en général grossièrement sur les sarments avant la taille définitive et on ne laisse que quelques yeux (5 ou 6) et un sarment taillé d’une quinzaine de centimètres.

Par extension, quand les anciens disent des jeunes qu’ils ne sont pas allés « espoudasser », cela signifie péjorativement qu’il leur est reproché de ne pas être allés travailler et d’avoir préféré se la couler douce…

 

30.01.2013

60-Les mots et expressions de chez nous

60-S’ESCANER

Ce verbe vient de l’occitan « escanar »qui signifie étrangler, étouffer et qui a donné « escanadou », c'est-à-dire coupe-gorge, un endroit mal famé.

Et de fil en aiguille, au fil du temps, ce terme a signifié : escroquer : « Le marchand de voiture m’a escané. » On entend aussi « Je l’escanerais bien celle-là »  pour une personne à qui on serrerait bien la gorge pour la faire enfin taire.

Autre sens : « Bois un coup d’eau, tu t’escanes ! », conseille-t-on, prévenant, à quelqu’un qui s’étouffe quand il tousse ou qu’il a avalé de travers.

 

29.01.2013

59-Les mots et expressions de chez nous

59-EMPLATRER

Tendre la joue gauche quand la droite vient d’être meurtrie ? Hum. Pas évident. Car il n’est pas facile de se laisser emplâtrer deux fois. Demandez aux rugbymen si, sous la mêlée ils n’emplâtrent pas leur vis-à-vis quand ces derniers commencent à chercher la bagarre.

A noter cette particularité : « emplâtrer » de l’occitan « emplastrar » n’a rien à voir avec emplâtre (personne apathique et incapable) (du grec « emplastrum »). « Difficile, il est vrai, de  se laisser « emplâtrer » par un emplâtre ! » 

Mieux vaut imiter la gent féminine, laquelle sait se plâtrer le visage sans se faire mal !

 

28.01.2013

Les "Lundis Poétiques" font leur rentrée hivernale le 28 janvier

François P.jpgAprès avoir poétisé sur la fin du monde, le mois dernier, en écoutant Maurice Prével parler de la Pierre Noire de Bugarach, les habitants de Narbonne-Plage sont invités à aborder l'année 2013 en douceur avec ce genre littéraire proche de la poésie : le conte.

François Plassard, qui avait déjà séduit le public en 2011, revient avec ses « contes de métamorphose » le lundi 28 janvier à 18 heures. Tout devient possible dans l'univers enchanteur des mythes, mais que devient la réalité de la vie que nous vivons aujourd'hui ? Le monde en crise dans lequel nous vivons a beaucoup à puiser dans ce processus de transformation. C'est ce que le conteur tentera de dire à travers des récits légendaires venus du fond des temps, mais qui placent l'homme au centre de toutes les métamorphoses.

Les poètes inspirés par ces thèmes pourront écrire sur les changements de notre temps : chaque année qui vient est une année nouvelle pleine de promesses...
La salle Henri de Monfreid sera, pour un soir d'hiver, un espace vibrant à la chaleur des mots.
Renseignements : Marie-Andrée Balbastre tél. 06 76 77 52 78, www.poesie-terpsichore.eu.

2011 Fr Plassard.jpg

27.01.2013

58-Les mots et expressions de chez nous

58-SE  FAIRE  ESCAMPER

L’Occitan et notre patois local ont ce quelque chose de merveilleux, cette manière unique d’imager le sens des mots. On le verra par la suite pour d’autres expressions vues dans ce magazine, mais aujourd’hui on ne résiste pas à s’attarder sur ce verbe « escamper », qui se traduit par jeter, répandre ou disperser. Tout comme la poudre d’escampette d’ailleurs !
Du côté de Cuxac d’Aude ou Cabardès, on utilise l’expression avec fermeté : « Escampe-toi de là », histoire d’intimer l’ordre de débarrasser le plancher à l’intrus. Ou bien, « Escampe-toi de là que je m’y mette », formule  utilisée allègrement par des personnes certainement très polies et bien élevées… !
Dans le biterrois, on préfère donner un ton plus véhément :   « Je me suis fait escamper par mon père, quelque chose de propre ! » que l’on peut interpréter comme l’administration d’une engueulade carabinée.
Plus sévère: « Le patron m'a escampé »: le patron m'a licencié et je suis au chômage.
Mais le plus savoureux est entendu sur les Barques narbonnaises : « je me suis fait escamper par ma fiancée ! La honte ! » A traduire par la copine  m’a laissé tomber.

 

 

26.01.2013

57-Les mots et expressions de chez nous

57-ESPANDIR

Ce n’est pas souvent que l’on entend ce verbe. Au risque de passer pour des machos, on va avancer que ce verbe-là devrait être connu par toutes les dames, et femmes de ménage de la région.

« Espandir », qui n’a absolument rien à voir avec « espanter » (abasourdir), c’est simplement étendre le linge, sur l’étendoir extérieur ou intérieur. Mais gare à « espandir » avec ce froid, le linge peut se retrouver « raide comme « titin » le matin au lever du jour !

Mais trêve de plaisanterie, les hommes peuvent aussi « espandir » sans pour cela se ridiculiser !

25.01.2013

56-Les mots et expressions de chez nous

56-S’ESPATARRER

La seule prononciation permet de donner du sens à ce verbe qui signifie « s’étendre de tout son long ». « Regarde le moi, celui-là, espataré  sur le canapé. On voit qu’il n’a rien à faire de la journée ».

Les paresseux par exemple, ont souvent tendance à s’espatarrer pour prendre du repos Ils pourraient tout simplement s’allonger et faire un siestou (petite sieste). Eh bien non, ils préfèrent s’étaler de tout leur long, rentrer la tête dans les épaules en adoptant une attitude nonchalante. En deux mots, s’espatarrer, c’est s’avachir. Ceux qui s’espatarrent de la sorte ne connaissent pas les bonnes manières.

Mais il y a un sens plus imagé : « En courant dans la rue, il s’est emmêlé les pinceaux avant de s’espatarrer sur le trottoir ». Il a pris une belle « gamelle » qui tourne le plus souvent à la moquerie qu’à la tragédie. Et je ne vous dis pas quand vous marchez et glissez sur une crotte de chien, vous vous espatarrez plus encore et vous vous « empéguer » les mains et les vêtements ! Quelle horreur ! Dans le même sens, signalons le superbe « atchouler » (tomber sur le cul) ou « s’estabanir comme une figue mûre ».

Vous pouvez ouïr encore : « C’est espatarrant ! » (C’est renversant) pour une information inhabituelle.