18.07.2011

Il et elle pilotaient les autobus vers Narbonne-Plage

 
Claire et José, permis - multiples tampons compris - en main.
Claire et José, permis - multiples tampons compris - en main. (Photo AUDREY MARTY)

Leurs souvenirs s’écoulent comme des voitures à l’issue d’un embouteillage : pas vraiment fluides, pas tout à fait dans l’ordre.

De véhicules, il est largement question dans ces moments qu’évoquent Claire et José Soucasse, 77 et 78 ans. Ce sont eux qui ont “ouvert la voie” vers Narbonne-Plage aux transports en commun.

Tout commence d’abord pour José à ses 18 ans, en 1951, quand son père, propriétaire de la société “Vincent Soucasse” lui confie le volant d’un de ses deux autocars, sur les lignes entre Narbonne, Vinassan et Armissan (où il vivait). Avant de lui céder son entreprise en 1957.

C’était l’époque où naissait la station de Narbonne-Plage, où la route n’était que projet entre le rond-point de Moujan et le carrefour vers Armissan. Et l’autre partie... couverte de gros cailloux. Le jeune homme d’alors prenait à son bord les ouvriers pour les conduire à leurs chantiers… à 3 h du matin. Cela même les lundis, alors qu’il avait ramené les jeunes Narbonnais du bal, la veille au soir, parfois à 2 h du matin. C’était à la Roseraie mais, bien avant, le restaurant Chez Margot avait attiré son monde. Et José conduisait ces gens qui avaient très rarement une voiture, dans ces années cinquante.

L’ambiance dans le bus n’avait certes rien à voir avec les lignes de banlieue actuelle. Pourtant, parfois, des tensions se faisaient jour, "mais j’avais mes gardes du corps, comme Charles, un pompier à la force herculéenne. Quand une bagarre - pour les places du fond, éclatait, il mettait tout le monde d’accord et presque KO !".

La colonie de vacances existait déjà. Et José était de ceux qui amenaient les petits colons à la toute jeune station : "Il m’est arrivé de monter jusqu’en Saône-et-Loire avec quatre cars et un autre transporteur pour aller chercher des gosses". Sur le même sujet, il se souvient encore : "Un été, il y a eu un grand feu au-dessus de Narbonne-Plage ; avec mes chauffeurs, on a passé toute la nuit dans les bus à guetter l’évolution des flammes, prêts à évacuer les enfants".

Une vie étonnante au volant, la main dans le cambouis des moteurs, mais aussi auprès d’une valise toujours prête… Avec les enfants, les ouvriers. Et, parfois, les vedettes. "Le chanteur Antoine était en tournée dans les années soixante-dix. Le bus qui le transportait avec ses musiciens et son matériel est tombé en panne dans la Clape. Je suis allé prendre le relais tout de suite. Et je l’ai conduit de ville en ville jusqu’à Toulon !".

Source: Midi Libre éd. Narbonne du 18 07 11

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